La promotion de l’égalité hommes-femmes au sein des bureaux d’études et des sociétés d’ingénierie s’inscrit dans un contexte particulier : réputés très masculins, les métiers techniques dans l’industrie connaissent en effet des problématiques similaires à d’autres secteurs comme l’informatique et le développement Web, pour ne citer qu’eux.  

Un contexte propice à l’action, avec des ambitions fortes 

Pour autant, la situation n’est pas gravée dans le marbre. Depuis plusieurs années déjà, plusieurs initiatives soutiennent la lutte contre les inégalités femmes-hommes via différents outils et leviers juridiques (sans compter bien sûr l’impact des initiatives personnelles).  

Parmi elles, l’index présenté par Muriel Pénicaud et Marlène Schiappa le 22 novembre 2018 vise de manière ambitieuse à rétablir l’égalité entre les genres en entreprise, notamment sur le plan des différences de rémunération. Et cela concerne près de 83% des salariés en France !  

La rémunération n’est pas le seul axe d’amélioration visée : la loi Copé-Zimmermann vient ainsi de fêter ses 10 ans. Pour rappel, elle est venue imposer “des quotas de femmes dans les conseils d’administration et de surveillance” et a permis de “franchir une étape décisive dans le combat pour l’égalité femmes – hommes (…).Grâce à cette loi, la France est sur la première place européenne en matière de féminisation des conseils d’administration de ses grandes entreprises.” 

La pertinence des quotas peut certes être interrogée : n’est-ce pas prendre le problème à l’envers ? On peut se demander pourquoi 10 hommes ont été promus et aucune femme, ce qui pose surtout la question d’une mauvaise gestion, notamment numérique, des compétences des personnes. 

Mais ils ont un rôle important à jouer, tant au niveau des conseils d’administration qu’à celui plus débattu encore des comités exécutifs. Cet article du Point rappelle qu’au-delà de l’égalité hommes-femmes, cette mesure soutiendrait aussi la performance des entreprises concernées : “Les Comex sont le cœur du pouvoir économique d’un pays. Éviter le sujet de la parité en leur sein en pleine relance économique est une aberration. Au risque de se répéter, aller chercher les futurs dirigeants dans un pool de talents élargi, c’est s’assurer de trouver les meilleurs et donc d’augmenter la qualité du directoire, et par là même les performances économiques de l’entreprise. La politique chiffrée permet cela de manière pragmatique, car elle garantit un pool compétent et compétitif, en s’appuyant une fois de plus sur la méthode (le moyen) et non le chiffre à atteindre (la fin). “ 

L’ajout de quotas féminins au sein des Comités Exécutifs, qu’il s’agisse d’entreprises industrielles ou non, n’est toutefois pas sans risque : à la différence d’un conseil d’administration où des personnes externes peuvent intervenir, un Comex va plutôt privilégier des personnes internes à l’organisation.  

Le risque est alors d’élargir les fonctions du Comex en y ajoutant des postes qui n’y sont historiquement pas représentés, ce qui accentue une potentielle dissolution du pouvoir de décision dans un contexte technique où il y a moins de femmes dans le management intermédiaire. 

En donnant plus de poids et de visibilité aux femmes dirigeantes, on permet aussi de promouvoir des rôles modèles qui donnent envie aux jeunes femmes et diplômées de se tourner vers des carrières industrielles et techniques et de s’y projeter pleinement 

Quel rôle, quel engagement de la filière dans ce contexte ?   

Le président de Syntec-Ingénierieorganisation à laquelle Ametra adhère, a récemment publié une tribune que vous pouvez retrouver dans son intégralité ici 

“Dans un monde en pleine reconfiguration, nous ne pouvons moins que jamais nous passer de la moitié des talents ! C’est d’autant plus vrai pour les métiers de l’ingénierie dont l’essence est d’inventer demain. Relever les grands défis sociétaux tels que les transitions énergétique ou industrielle, ne peut se concevoir sans les femmes et il est de notre responsabilité collective de faire bouger les lignes.” 

Pierre Verzat y relève plusieurs leviers d’actions : recrutement, gestion des congés de maternité et de la réintégration qui suit, avancement de carrière, mais aussi une meilleure sensibilisation des jeunes filles à ces univers en travaillant en concertation avec l’Education nationale.  

Pour sa part, Ametra s’engage, par exemple en travaillant sur les retours de congés maternité, un moment clé dans la gestion de carrière des femmes. Le groupe a toujours été favorable à l’allongement du congé paternité et se félicite des avancées récentes en ce sens. Bien qu’il n’appartienne pas à l’entreprise d’être intrusive dans la vie privée, elle joue un rôle essentiel dans le fait d’offrir des conditions qui permettent aux parents d’équilibrer vie privée et vie professionnelle ou bien de retrouver toute leur place au retour dans l’entreprise après une absence pour raison familiale. 

Les rôles modèles nous paraissant fondamentaux, nous incitons les femmes à prendre la parole de manière régulière, via notre programme d’ambassadrices de l’ingénierie. Vous pouvez par exemple découvrir la vision de Gaëlle ici. 

Au-delà des chiffres, la quête de l’égalité femmes-hommes est marquée par une série d’engagements : s’engager à promouvoir, à former ou à augmenter une femme lorsqu’elle revient de son congé maternité, porter une attention particulière aux candidatures féminines… 

Enfin, le cadre seul de l’entreprise ne suffit pas et doit être prolongé par des actions politiques : c’est pourquoi à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes 2021, Syntec-ingénierie a dévoilé et remis au ministère de l’Economie, des finances et de la relance un livre jeunesse inédit intitulé “Alice et les pouvoirs de l’ingénierie”. Préfacé par Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’industrie, Alice et les pouvoirs de l’ingénierie vise à “donner le goût des sciences aux enfants et déconstruire les stéréotypes de genre dès le plus jeune âge”. 

Pourquoi une telle initiative ? Tout simplement parce que le choix de l’orientation se fait bien souvent avant le lycée – et les jeunes femmes “décident” avant qu’elles ne sont pas faites pour les carrières scientifiques… Avec cet ouvrage jeunesse, l’idée est de s’adresser aux jeunes filles et d’apporter notre contribution aux avancées sociétales, d’inviter les politiques à prendre des mesures fortes pour éveiller les jeunes filles aux possibilités offertes par ces carrières. 

Car malheureusement, même en souhaitant recruter un nombre spécifique de femmes ou assurer un pourcentage féminin au sein de la filière, les bonnes intentions ne suffiraient pas dans le contexte actuel : c’est bien en amont qu’il faut sensibiliser les jeunes à cette voie !   

Au final, déconstruction des stéréotypes de genre, sensibilisation aux filières, culture d’entreprise et actions politiques fortes sont autant d’axes d’amélioration qui aideront la filière industrielle à atteindre ses objectifs de féminisation et d’égalité hommes-femmes.  

Ametra est résolument engagé dans cette voie : pour en savoir plus sur nos valeurs et notre histoire, consultez dès maintenant notre site officiel, et n’hésitez pas à nous suivre sur LinkedIn pour partager et échanger.  

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