Moins d’allers-retours, des conceptions plus légères et optimisées, une meilleure gestion des délais et des coûts : le pilotage du développement par le calcul est un levier potentiel de forte valeur ajoutée.

Un challenge majeur : éviter les itérations inutiles

L’avènement de la Conception Assistée par Ordinateur (CAO) a révolutionné et facilité la manière de dessiner les modèles. Mais en même temps, répondre aux différentes exigences de performance des cahiers des charges nécessite l’intervention de plusieurs métiers ; et l’ordre de ces interventions peut se révéler être un casse-tête.

La question de la tenue mécanique est souvent reléguée à la fin du projet, ou bien encore une fois que le modèle est finalisé et transmis au service calcul pour qu’il vérifie s’il tient la route… ou pas.

Or recevoir un modèle qui ne tient pas revient à multiplier les allers-retours entre le calcul et les ingénieurs du bureau de conception. Ces renvois inutiles impliquent des coûts considérables, tant sur le plan financier qu’en matière de respect des délais.

Ces itérations devraient être évitées, d’autant qu’elles peuvent être un vrai facteur de stress, voire de frustration. Et pour cause : on envoie un modèle dont on ne sait pas trop s’il va fonctionner ou si les modifications qu’on lui a apportées sont réellement pertinentes.

Le paradoxe de l’ère CAO : avoir les bons outils, mais privilégier l’instinct

Nous disposons aujourd’hui d’outils de CAO qui permettent d’anticiper les résultats sur des chargements simples, mais aussi de faciliter le travail du service calcul.

La logique impliquerait donc que les modifications géométriques soient de plus en plus confiées au calcul, pour limiter le nombre d’allers-retours et obtenir les résultats adéquats plus rapidement. D’une manière générale, ce n’est pas le cas aujourd’hui : les modèles reçus sont quasiment terminés et un nombre important de décisions de conception ont déjà été prises.

À ce stade, les experts du service calcul ne savent pas forcément ce qui a justifié une décision de conception sur le modèle qui leur parvient : un problème d’encombrement, un obstacle fonctionnel ? Quels paramètres peut-on modifier ? En disposant des informations dès le départ et avec un dimensionnement réalisé avant une phase de conception plus élaborée, il deviendrait possible d’anticiper et d’avancer rationnellement sur le projet.

Le pilotage du développement par le calcul est donc aussi une question de process, même s’il est loin de se limiter à cette dimension.

Il implique de repenser l’approche de chaque intervenant à différents stades. Par exemple, il existe une étape d’étude d’avant-projet (AVP) au cours de laquelle les concepteurs vont définir les volumes alloués en fonction des encombrements et, à partir de là, tailler dans la masse.

Or ces décisions de conception (comment positionner des fixations, alléger un modèle…) sont souvent prises en fonction du ressenti et de l’expérience personnelle alors qu’à l’heure actuelle, nous disposons des outils pour définir les contours de ce nouveau modèle, mais de manière chiffrée.

On le voit, une rationalisation de l’approche est nécessaire pour se baser sur des décisions chiffrées, et non pas seulement sur le « feeling », la seule expérience du concepteur.

C’est un grand paradoxe de l’ère de la CAO : à l’époque où l’on faisait tout sans logiciel et par tracés de plans sur papier, les experts faisaient moins ce genre d’erreurs et les modèles dessinés étaient parfaitement dimensionnés.

Dans ce contexte, l’idée du pilotage du développement par le calcul n’est donc pas une approche novatrice, mais un retour au bon sens d’une certaine époque, parfois un peu oublié du fait de la facilité apportée par les logiciels de CAO.

Les clés d’action pour y parvenir

Le Groupe AMETRA travaille à optimiser cette approche, en y impliquant tant les concepteurs que les clients. Cela permet, à terme, de ne pas devoir repartir de zéro pour améliorer le design d’un projet client sur lequel nous serions intervenus tardivement.

Pour rationaliser le processus et faire évoluer les habitudes, plusieurs points d’action et de pédagogie sont nécessaires :

● Au niveau des concepteurs : transmettre l’idée qu’il ne s’agit pas de les remplacer, mais de bien communiquer et d’apporter une aide à la décision. Plus les informations sont disponibles dès le départ, plus l’on peut intervenir en amont et gagner en marge de manœuvre, en légèreté et en performance.
● Au niveau de l’approche en fertilisation croisée : l’idée de la conception par le calcul peut se faire dans tous les domaines : transport, charpentes métalliques…
● Au niveau de la manière de communiquer : travailler à ce que l’information qui nous arrive soit la bonne, pour éviter le piège des allers-retours.

Au final, le pilotage du développement par le calcul relève presque autant d’une philosophie de conception que d’un changement profond de certains processus et réflexes, en particulier à l’heure où les logiciels CAO sont la norme.

Pour en savoir plus sur les métiers du Groupe AMETRA, visitez la page qui y est consacrée sur notre site officiel.

Farah 

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