Défense : la guerre des drones se joue aussi sous l’eau

par | Juil 10, 2017 | Aeronautique, Défense, Drones

Si dans l’esprit du grand public, les drones sont avant tout aériens, en matière de Défense la course à l’innovation se joue aussi dans les profondeurs. Les drones sous-marins remplissent de multiples fonctions et gagnent en performance, soutenus par des budgets massifs et d’importants partenariats étatiques. Les drones navals ne datent pas d’hier : les Etats-Unis en développaient dès la fin des années 50. En 1972 déjà, la Marine française avait recours au Circé, précurseur des ROV (Remotely Operated Vehicule), et qui répondait déjà à une caractéristique fondamentale des drones : pouvoir agir là où l’être humain ne peut pas aller (ou là où il est dangereux d’aller). Aujourd’hui, le marché des drones sous-marins connaît une croissance très importante, due notamment à leur rôle stratégique dans de nombreuses missions. A titre d’exemple, les Etats-Unis vont ainsi investir 350 millions de dollars en 2017 pour l’achat de drones sous-marins, mais aussi pour la recherche qui leur est consacrée.

A quoi servent les drones navals ?

Les missions des drones sont variées :

  • Déminage (détection et neutralisation);
  • Renseignement;
  • Surveillance;
  • Lutte anti-sous-marine (ASM)…

Or la demande et les enjeux de ces missions sont tels que l’objectif est aujourd’hui d’améliorer les capacités des UUV (Unmanned Undersea Vehicles, appellation militaire des AUV, Autonomous Underwater Vehicles), dont les limitations actuelles freinent les ambitions militaires des différents acteurs engagés.

Les nouvelles avancées technologiques en matière de drones sous-marins

Les dernières évolutions portent sur l’augmentation de l’autonomie, de l’agilité et de la capacité de stockage des drones, tout en limitant leur consommation d’énergie. Le travail sur l’intelligence artificielle est également d’actualité. Parmi les drones sous-marins les plus célèbres, on compte l’Echo Voyager (qui peut naviguer de manière autonome pendant des mois) ou encore le planeur sous-marin Slocum. Plus récemment, Thales a développé un nouveau prototype de drone qualifié d’AUSS, pour Autonomous Underwater and Surface System. Les innovations qu’il implique sont nombreuses et servent plusieurs objectifs : être utilisé pour des missions très variées, dont les missions ISR (intelligence, surveillance et reconnaissance), pouvoir assurer des manœuvres difficiles dans peu d’espace, être aussi léger que capable de déployer un mât. Ce n’est pas tout: l’AUSS utilise la propulsion d’une manière telle qu’il n’a pas à contourner les obstacles rencontrés, mais à s’arrêter, monter ou descendre verticalement.

Autre projet à venir, à usage naval mais sous la forme d’un hélicoptère : DCNS et Airbus Helicopters préparent un drone naval digital dans le cadre du volet tactique SDAM (Système de Drones Aériens pour la Marine), qui sera capable d’être intégré en temps réel avec le système de combat du navire. Les challenges restent encore nombreux, en particulier ceux liés à l’appontage, au lancement et à la récupération des drones en mer, notamment quand les vagues, le courant et les vents sont extrêmement violents. Ces opérations impliquent la conception d’appareils spécifiques capables de mettre à l’eau et de récupérer un drone dans n’importe quelles conditions.

Le programme MMCM

Si la Chine, le Japon et les Etats-Unis sont activement impliqués dans la recherche et le développement de drones navals, l’Europe n’est donc pas en reste : la France et le Royaume-Uni ont d’ailleurs annoncé l’attribution d‘un contrat de 164 millions de dollars pour le développement d’un drone sous -marin contre les mines marines. Depuis 2010 en effet, les deux pays coopèrent dans le cadre du programme MMCM (Maritime Mine Counter Measures) qui vise à détecter et neutraliser les mines, mais aussi les dispositifs explosifs improvisés sous-marins (UWIED). Deux prototypes de drones seront livrés d’ici l’année 2019. Ils permettront de remplir des missions en maintenant l’être humain hors de la zone de danger. Leur système reposera sur l’alliance d’un drone de surface, d’un sonar tracté et de drones sous-marins autonomes. Retrouvez plus d’informations sur les drones, ou visitez le site officiel d’AMETRA.



Par Ametra,
SOCIALICON
Linkedin
SOCIALICON